De quoi parle le décret du 7 septembre 2026 ?
Depuis la loi APER — loi n°2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables — les parcs de stationnement extérieurs d'une certaine taille doivent être couverts d'ombrières produisant de l'énergie renouvelable, principalement photovoltaïque. Cette obligation, portée par l'article 40 de la loi et par l'article L.171-4 du code de la construction et de l'habitation, monte en charge par étapes selon la surface du parc.
Le décret n°2026-842 du 7 septembre 2026 ne crée pas une nouvelle contrainte : il vient au contraire préciser les conditions d'un report déjà prévu par le législateur. Concrètement, il définit les caractéristiques que doivent présenter les panneaux photovoltaïques pour qu'un propriétaire puisse bénéficier d'un délai supplémentaire, l'objectif assumé étant d'encourager l'installation de modules assemblés en Europe.
L'obligation de fond : rappel pour les communes et aménageurs
Quels parcs sont concernés ?
L'obligation vise les parcs de stationnement extérieurs de plus de 1 500 m², existants ou nouveaux. Ils doivent être équipés, sur au moins la moitié de leur surface, d'ombrières intégrant un procédé de production d'énergie renouvelable. Sont particulièrement exposés : les parkings de zones commerciales, les grands équipements publics, les parcs relais et certains parkings communaux ou intercommunaux — nombreux dans les agglomérations d'Auvergne-Rhône-Alpes.
Quelles échéances ?
Le calendrier de droit commun distingue deux catégories selon la superficie :
| Taille du parc | Échéance de droit commun | Report possible ? |
|---|---|---|
| Plus de 10 000 m² | 1er juillet 2026 | Sous conditions |
| De 1 500 à 10 000 m² | 1er juillet 2028 | Jusqu'en 2030 |
Ce que change le décret : un report conditionné à l'origine européenne
Le mécanisme est simple dans son principe : plutôt que d'installer immédiatement n'importe quels panneaux, le propriétaire peut décaler son échéance s'il s'engage à poser des modules répondant à un cahier des charges exigeant. Le décret du 7 septembre 2026 fixe précisément ce cahier des charges.
Trois conditions cumulatives
- Origine européenne — les modules photovoltaïques doivent être assemblés dans l'Espace économique européen et satisfaire des critères de résilience de l'approvisionnement.
- Performance et durabilité — les panneaux doivent respecter des exigences de rendement, de durabilité, d'empreinte carbone et de garantie de performance dans le temps.
- Certification — le respect de ces critères doit être attesté par un organisme accrédité. À défaut, l'obligation s'applique à l'échéance de droit commun.
Pourquoi ce texte concerne directement l'urbanisme
On pourrait croire qu'il s'agit d'un sujet purement énergétique. C'est une erreur de lecture pour un service instructeur : l'installation d'ombrières emporte des conséquences immédiates en droit de l'urbanisme.
Les ombrières sont des travaux soumis à autorisation
Une ombrière de parking est une construction au sens du code de l'urbanisme. Selon son emprise au sol et sa hauteur, elle relève d'une déclaration préalable ou d'un permis de construire. Anticiper la nature de l'autorisation évite de découvrir, à quelques mois de l'échéance, qu'un permis de construire — avec ses délais d'instruction — est nécessaire.
PLU, RLP et secteurs protégés
Le règlement du PLU s'applique pleinement : hauteur, aspect extérieur, emprise, stationnement, éventuelles prescriptions au titre de l'article L.151-19. En secteur protégé — abords de monuments historiques, site patrimonial remarquable (SPR), site classé ou inscrit — l'accord de l'architecte des Bâtiments de France reste requis. Enfin, lorsque des dispositifs publicitaires ou des enseignes sont associés à ces installations, le règlement local de publicité (RLP) entre également en jeu.
Ce que doivent faire les collectivités d'Auvergne-Rhône-Alpes
- Recenser les parcs de stationnement communaux et intercommunaux de plus de 1 500 m² et identifier leur échéance (2026 ou 2028).
- Pour les parcs intermédiaires, décider s'ils visent le report jusqu'en 2030 et, dans ce cas, engager le sourcing de modules européens certifiés sans attendre.
- Vérifier la compatibilité des ombrières avec le règlement du PLU et, en secteur protégé, associer l'ABF très en amont.
- Caler la nature et le calendrier de l'autorisation d'urbanisme (DP ou PC) sur l'échéance énergétique.
Ce que le décret ne change pas
- Le périmètre de l'obligation (parcs extérieurs de plus de 1 500 m²) et le seuil de couverture d'au moins la moitié de la surface.
- Les échéances de droit commun (1er juillet 2026 et 1er juillet 2028) pour qui ne remplit pas les conditions du report.
- Les règles d'autorisation d'urbanisme applicables aux ombrières.
- Les compétences de l'ABF en secteur protégé.